16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 08:09
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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 16:15
L’art renoue avec le beau

Le philosophe Edmond Burke écrivait en 1757 que la beauté « est le plus souvent une qualité des corps qui agit mécaniquement sur l’esprit humain par l’intervention des sens ». Burke distinguait donc l’art du beau ; mais le beau et l’art ont été brutalement séparés par Marcel Duchamp, avec son urinoir (cf. Fontaine). Ainsi, tous les travaux artistiques, même intéressants, ne sont pas nécessairement liés à l’expérience du beau.

 

Le neurobiologiste Semir Zeki explique, lors de sa conférence « La neurobiologie de la beauté », qu’il n’y a pas de caractéristiques particulières pour définir le beau ; c’est pourquoi, lors de ses expériences sur le beau, il a ciblé des individus représentant différentes ethnies, différentes cultures et différentes éducations. Semir Zeki a exclu les initiés, comme les peintres ou musiciens, pour éviter que la connaissance du sujet n’influe sur la réponse. Son idée était de montrer des peintures et de faire écouter de la musique afin que chacun évalue le beau. Ensuite, il scannait les sujets et proposait à nouveau les mêmes œuvres, en surveillant cette fois l’activité du cerveau. Le flux du sang détecté par le scanner permet de voir l’activité et les zones sollicitées. Il a mené ces expériences à partir d’un tableau que la plupart des gens apprécient (mais pas tous) de Jean-Auguste-Dominique Ingres – La Grande Odalisque –, et d’une autre peinture que beaucoup de personnes (mais pas toutes) considèrent comme « moche », peinte par le fameux Lucian Freud – Un portraitiste sur le divan. Cette dernière œuvre ne provoque pas d’expérience de la beauté pour la plupart des sujets. En musique, une majorité a trouvé « belle » la Symphonie no 5 de Mahler, et beaucoup de sujets ont qualifié de « laide » une œuvre de Ligeti.

 

En observant les stimulations de l’activité du cerveau, et surtout les aires actives quand les sujets vivent l’expérience du beau par le regard, on remarque qu’en addition des zones visuelles, le cortex orbitofrontal médian – la zone émotionnelle – est également actif.

 

Quant aux expériences esthétiques musicales, la zone orbitofrontale est très active. Il y a aussi une ère isolée qui se mobilise, et qui est toujours corollaire à l’expérience du beau. Il y a des caractéristiques qui définissent le beau, mais la réponse provient du cerveau et non pas des œuvres d’art. En observant la zone du beau visuel active, il y a une forte activité dans la relation à l’œuvre : l’intensité de l’expérience est grande pour l’observateur. Jean-Pierre Changeux, dans son livre intitulé Du vrai, du beau, du bien, exprime que notre cerveau associe le beau au vrai et au bien. Reconnaître le beau engage ainsi un processus de reconstruction, et l’observateur va renforcer son envie de vivre.

 

Mais qu’en est-il pour la laideur ? Pour la laideur, l’observateur active des stimuli, mais différemment. L’amygdale est active, le cortex mobilise le moteur qui nous protège contre la laideur. La fonction essentielle de l’amygdale est de « décoder les stimuli qui pourraient être menaçants pour l’organisme ». Joseph Le Doux, directeur du centre pour les neurosciences de la peur et de l’anxiété (Center for the Neuroscience of Fear and Anxiety) à New York, illustre très bien l’action de ce circuit : « Un promeneur marche dans la nature et voit ce qu’il prend pour un serpent. La voie courte active une réponse instantanée de sursaut et de recul de frayeur. » Nous disposons d’un filtre qui sélectionne le laid et le beau, et l’information est envoyée dans des régions différentes.

 

Semir Zeki affirme que le beau est désir et amour, et qu’il y a un lien miroir avec le beau. Quand les gens regardent une personne ou un objet qu’ils désirent, ils utilisent le même chemin que le beau. Il y a donc une zone commune de l’activité localisée dans le cortex orbitofrontal médian, et ces zones s’activent lorsque vous avez l’expérience du beau ; mais il arrive aussi qu’elles soient actives au moment où une personne regarde des individus qu’elle aime vraiment.

 

Si, pour l’observateur, le beau renforce son envie de vivre et sollicite une activité plus importante que le laid, cela implique que l’œuvre d’art doit stimuler nos désirs, l’amour et le beau. Dès lors, la portée d’une œuvre ne se mesure pas à partir d’elle-même, mais à partir des effets produits chez l’observateur. 

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 11:14

Guillaume Bottazzi signe une œuvre d’art de 10 m de long afin de favoriser la bonne santé psychologique, physiologique, sociale et comportementale des habitants. Si le critique d’art Hans Belting annonce un changement de paradigme dans l’art, notre environnement connaît lui aussi des transformations profondes.

Une page de notre histoire se tourne vers un monde nouveau. Aujourd’hui, les œuvres d’art prennent place dans notre quotidien en animant les lieux de vie. Si l’approche environnementale de Guillaume Bottazzi caractérise ses créations, ces dernières relèvent également d’une approche qui favorise le bien-être des habitants. Ce tableau, réalisé pour la résidence L’Archipel à Alfortville, humanise les lieux et les rend uniques, tout en participant à la santé mentale des habitants. Ce tableau apporte une aide psychologique, physiologique, sociale et comportementale dans le quotidien. 

"Depuis 30 ans, Guillaume Bottazzi reconnu comme un pionnier de la neuroesthétique a signé plus de 100 œuvres dans des espaces publics" a écrit le journal Les Echos. Cela explique pourquoi le tableau de 10 m de long est le fruit d’une approche psychologique. Une étude des neuroscientifiques de l’Université de Vienne, Marcos Nadal et Helmut Leder, prouve que les œuvres de Guillaume Bottazzi participent au bien-être du regardeur. Elles tendent à diminuer l’anxiété et à activer les zones du plaisir. En 2019, l’OMS a publié un rapport basé sur 900 publications, démontre l’impact positif de l’art sur la santé. Une certaine forme d’art apporte une aide psychologique, physiologique, sociale et comportementale. D’autres formes permettent de réduire les peines et le stress, et influent sur notre cerveau. Elles nous rendent plus heureux, plus élégants, plus sains, et amplifient le potentiel humain. Elles peuvent procurer des solutions pour le bien-être et la santé.

En regardant un tableau, nous ressentons en effet des émotions et des sensations ; c’est en partie parce que certains types d’art provoquent des réactions chimiques dans notre cerveau. On peut donc considérer que ce tableau de Guillaume Bottazzi agit presque comme un « médicament », parce qu’il induit la sécrétion de dopamine chez l’observateur, ainsi que de sérotonine que l’on trouve dans les antidépresseurs. Il a en outre des effets sur la production de morphine endogène. Il a ainsi une incidence sur les hormones qui jouent un rôle essentiel dans notre organisme : la dopamine, par exemple, est impliquée dans la motricité, et c’est cette substance qui manque aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Un tableau agit par ailleurs directement sur la partie de notre cerveau qui gère l’élan vital, notre envie de vivre. Quant aux diabétiques, les œuvres permettent d’augmenter leurs taux de cortisol et de sérotonine. Quand nous regardons une œuvre d’art, notre cerveau fonctionne comme si nous étions réellement face à une personne, comme si nous lui parlions. Curieusement, les créations artistiques – qui ne sont pas des entités biologiques – sont perçues par notre cerveau de la même manière que s’il s’agissait d’êtres vivants. En assimilant l’art à des personnes, notre cerveau active les neurones miroirs liés aux circuits de l’empathie, ce qui explique qu’une œuvre puisse réconforter. L’art active aussi les circuits neuronaux du plaisir et de la récompense stimulant notre goût de vivre.

S.E

Bien-être : la neurologie et art

cf. L’art qui guérit, de Pierre Lemarquis (neurologue), 2020, éditions Hazan.

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 19:59
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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 12:04
A monumental sculpture in glass designed by Guillaume Bottazzi
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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 11:39
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9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 09:34
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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 15:40
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 16:55
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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 20:56
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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 16:30
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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 17:33
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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 10:52
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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 21:29
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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 09:33
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